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Narbonne : un incident type Lubrizol peut-il arriver à Orano-Malvési ?

Comme l’usine de Rouen, le site d’Orano à Malvési, près de Narbonne, est classé Seveso seuil haut. Le même type d’incident est-il possible? Comment la population sera-t-elle alertée? Que faire en cas d’alerte ? Nos réponses.

Nous l’entendons retentir tous les premiers mercredis de chaque mois. Sa stridulation qui pénètre au plus profond de toutes les maisons a un nom : signal national d’alarme (SNA). Et si son usage n’a pas été retenu pour alerter lors des inondations (de crainte qu’elle n’aggrave la situation en jetant les gens hors de chez eux) la sirène reste le seul moyen à ce jour de prévenir d’un risque imminent de pollution majeure. 

Sirène et alerte téléphonique 

C’est en tout cas celui qui serait déclenché si un incident susceptible d’avoir un impact extérieur se déclarait, par exemple, sur le site d’Orano Malvési à Narbonne, l’un des sept, qui, à l’instar de Lubrizol à Rouen victime d’un incendie le 26 septembre, sont classés “Seveso seuil haut” dans le département de l’Aude. C’est-à-dire présentant le risque de pouvoir entraîner une pollution majeure. “Nous avons un autre moyen, qui serait utilisé en même temps que la sirène, c’est le système GEDICOM”, ajoute Cécile Lemierre, chargée de communication d’Orano Malvési. Ce système, élaboré par Orange, permet d’informer en temps réel, sur téléphone fixe ou portable, les 240 foyers recensés au plus près du site.

 

Être prévenu, c’est bien, mais que faire si l’alarme est donnée ? Demandez autour de vous : la plupart ne savent pas bien, et quelques-uns se rappellent vaguement des consignes de confinement. “Il faut s’enfermer chez soi et écouter la radio”, confirme-t-on du côté d’Orano. Certes, mais quelle radio ? Dans la plupart des régions, ce sont les stations France Bleu, émanation de Radio France, qui vont diffuser les consignes et les informations en cas d’alerte. À Narbonne, en l’absence de locale France Bleu, c’est avec Grand Sud FM qu’un partenariat a été conclu (92,5 Mhz). 

Orano Malvési_carte Mémento_prévention Des Risques-fev 2019 by JeanOueb on Scribd

 

Le risque incendie généralisé similaire à celui observé chez Lubrizol n’est pas susceptible de se produire sur Malvési

Reste à savoir si le type d’incident qui a frappé Rouen peut se produire à Narbonne. “Le risque incendie généralisé similaire à celui observé chez Lubrizol n’est pas susceptible de se produire sur Malvési”, assure la direction de l’usine qui précise : “Le seul risque d’incendie identifié dans les études de danger et faisant l’objet de prescription dans notre arrêté préfectoral est un risque interne qui se limite à un seul bâtiment, l’atelier Purification, en raison de la présence d’hydrocarbures (Tributyl phosphate -TBP- et Isane). À ce jour aucun incendie ne s’est jamais produit dans ce bâtiment. Si toutefois, un tel évènement devait se produire, les fumées dégagées ne contiendraient ni amiante, ni NOx, ni métaux lourds, ni composés chlorés/cyanurés/soufrés… Il s’agirait d’une combustion classique d’hydrocarbures pouvant générer du dioxyde et monoxyde de carbone et aldéhydes (composés présents aussi dans les incendies de forêts)”. D’ailleurs, le Plan particulier d’intervention (qui organise la sécurité à l’extérieur du site en cas d’incident), ne prévoit pas de scénario incendie.

Ammoniac et acide fluorhydrique

Cela ne veut pas dire que le site soit sans risque, évidemment. Les hypothèses envisagées à Malvési concernent le risque de fuite d’ammoniac ou d’acide fluorhydrique, utilisés tous deux dans la transformation du minerai en tétrafluorure d’uranium, et qui pourraient former un nuage toxique. L’ammoniac, sous forme gazeuse, peut provoquer la mort en quelques minutes en cas d’absorption massive. L’acide fluorhydrique est caustique, il provoque des brûlures de la peau, des yeux, une irritation des voies respiratoires et parfois une intoxication mortelle.

D’où la consigne de confinement, la seule valable en l’attente de plus amples informations.

Et le risque radiologique ?

Qui dit Malvési, dit uranium. Et qui dit uranium, dit risque radiologique. En réalité, la question est un peu plus complexe. Dans la mesure où l’uranium stocké à Malvési et où le produit fabriqué – le tétrafluorure d’uranium – n’ont pas plus de radioactivité que l’uranium à l’état naturel, ce n’est pas en raison de risques radiologiques que le site est classé Seveso 2. En d’autres termes, les autorités ne considèrent pas Malvési comme un site pouvant engendrer un “accident nucléaire”, comme il peut s’en produire près d’un site d’enrichissement de l’uranium ou a fortiori près d’une centrale nucléaire.

Ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait aucun risque radiologique autour de l’usine de Narbonne, mais simplement que ce risque, qui pourrait se manifester après une exposition prolongée aux produits entreposés ou produits à Malvési, ne relève pas des procédures d’alertes mais du contrôle continu des installations et de leur fonctionnement.

Source originale: L’Indépendant

https://www.lindependant.fr/2019/10/03/narbonne-un-incident-type-lubrizol-peut-il-arriver-a-orano-malvesi,8455550.php

 

tcna

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