TRADUCTION COMPLETE DU RAPPORT du G.A.O

Préface

Après avoir été sollicités par des habitants de Narbonne inquiets quant aux activités et projets futurs de l’usine Malvési Orano, le groupe local de Greenpeace Montpellier a commencé à s’intéresser aux problématiques que posent l’activité présente (déchets issus de la production d’UF4, CERS/PERLE) et future de ce site (TDN-Thor ; NVH). 

Nous avons choisi de traduire, et de présenter aujourd’hui ce rapport d’audit établi par le GAO (Government Accountability Office), un organisme d’audit, d’évaluation et d’investigation du Congrès des États-Unis, chargé du contrôle des comptes publics et du budget fédéral, afin de créer un débat autour de la multiplication à travers le monde de ces projets pilotes dans le nucléaire civil et militaire, et d’amener au public des éléments de réflexion et de comparaison sur ces problématiques souvent complexes. Ce dossier nous a semblé intéressant car le projet pilote dont il traite (l’Unité Intégrée de Traitement des Déchets du Laboratoire National d’Idaho ou UITD) est semblable en de nombreux points au projet en cours sur l’usine Orano de Malvési (TDN-THOR), et peut apporter des éléments de compréhension aux narbonnais.es, premier.es concerné.es par les projets en cours sur leur territoire. 

Notons plusieurs choses : 

– Cette unité étatsunienne ne traitera pas exactement les mêmes déchets que TDN-THOR : en effet, elle concerne des déchets liquides à Haute Activité radioactive, issus du secteur nucléaire militaire, alors que TDN-THOR à Narbonne traitera des déchets liquides à Faible Activité radioactive issus du nucléaire civil. Faible, mais pas inexistante.

– Cependant UITD est la même technologie que THOR, les documents produits par Studvisk, l’entreprise dépositaire de la technologie THOR, le montrent bien. Cette technologie est commercialisée ou en passe de l’être au Japon, en Chine, aux Etats-Unis et en France, sous le même schème de fonctionnement pour plusieurs sortes de déchets à traiter.

– Selon le rapport suivant, l’UITD pourrait traiter environ 3400 m3 en 3 à 7 ans. Rappelons qu’à Narbonne, ce sont quelques 350.000 m3 d’effluents liquides qui devront passer par le procédé THOR. On peut donc légitimement se demander combien de temps cela prendra…300 à 700 ans ?

Il ne s’agit pas tant ici de faire une comparaison des projets pilotes entre eux, mais de s’interroger sur la multiplication à travers le monde, de projets «expérimentaux » de traitement de déchets toxiques et radioactifs, en toute méconnaissance du principe de précaution. L’efficacité et la dangerosité de tels projets restent à être étudiées, or leur multiplication et l’opacité dont font preuve ces industries – hautement subventionnées par l’argent public – suscitent de l’inquiétude légitime. 

Leur nouveauté et la rapidité de leur développement, en dépit de toute prise en compte de l’opinion publique, expliquent sans doute l’absence de toute contre-expertise indépendante à leur égard, et c’est la raison pour laquelle nous ne nous prononcerons pas sur l’aspect technique de tels projets. 

Cependant, ce rapport vient mettre en évidence le véritable gouffre financier que représente le projet pilote du LNI à Idaho. Une situation qui ne va sans rappeler le fiasco financier des EPR, par exemple. Le déni de démocratie, composante séculairement indissociable du développement de l’industrie nucléaire, est inquiétant dans ce cas précis : pour régler une situation de cumul de déchets suite à des retards techniques que subit le projet de traitement, le secteur du nucléaire cherche à disqualifier législativement un déchet à haute activité en déchet à activité plus faible, afin de pouvoir le soumettre à des normes de stockage moins contraignantes, le dispensant d’un enfouissement en couche géologique profonde. 

Il est donc important de lancer ce débat, de traiter et de décortiquer tous ces projets qui, de par leur activité même, affectent l’environnement et la santé publique. Le débat permettra sans doute une prise en compte des citoyens, toujours exclus de toute prise de décision entourant le nucléaire. Une opinion publique informée permettra une dynamique poussant à de véritables contre-expertises indépendantes de ces projets, indispensables sur le plan de la prévention sur le plan sanitaire, des risques de toxicité et de radioactivité. 

Nous remercions, bien évidemment, l’association TCNA de nous avoir transmis ce rapport. Ce sont nos partenaires clefs sur le terrain depuis maintenant plus de 3 ans, leurs investigations, analyses, ainsi que leur détermination nous ont non seulement permis de nous mobiliser sur le terrain, mais aussi de mieux comprendre les enjeux entourant ces projets dont une grande partie de la population narbonnaise a déjà montré à de nombreuses reprises qu’elle ne voulait pas.

Les équipes de Greenpeace Montpellier et T.C.N.A

 


RAPPORT G.A.O TRADUIT
Appendice I:Objectifs, Contexte et Méthodologie
Appendice II: Comparaison des estimations des coûts et de calendriers avec les coûts et les calendriers réels pour le projet de réingéniérie de l'UITD
Appendice III: Comparaison de l'évaluation par le BGE des données relatives à la gestion de la valeur acquises (GVA) pour le projet de réingéniérie de l'UITD, avec les bonnes pratiques
Appendice IV: Observations du Département de l'Energie
Appendice V: Contact et Remerciements au Personnel

Original

G.A.O-english

Liens des fichiers PDF à télécharger ou à imprimer:

Rapport:

http://tcnarbonne.org/wp-content/uploads/2020/06/6.pdf

Appendices:

http://tcnarbonne.org/wp-content/uploads/2020/06/1.pdf

http://tcnarbonne.org/wp-content/uploads/2020/06/2.pdf

http://tcnarbonne.org/wp-content/uploads/2020/06/3.pdf

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tcna

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