Municipales à Narbonne : la position des candidats sur les projets de l’usine Orano-Malvési

A l’occasion de la grande manifestation qu’elle organisait ce samedi matin en centre ville, l’association TCNA a dévoilé les réponses que les postulants à la mairie de Narbonne lui ont adressées après avoir été sollicités par courrier. La question était simple : pour ou contre les projets TDN et NVH ?

Après trois années de lutte pour la santé de nos enfants, il n’y a plus de temps pour un moratoire, plus de temps pour tergiverser !” Au micro devant plusieurs centaines de personnes, Fabrice Hurtado rappelle une situation qui, à ses yeux, relève désormais de l’urgence. Aux côtés d’autres associations et citoyens opposés aux nouveaux projets de l’usine Orano-Malvési (lire ci-dessous), le président de “Transparence des canaux de la Narbonnaise” (TCNA) a donc tenu à mettre élus et futurs potentiels élus face à leurs responsabilités.

 

“Au regard de toutes nos mobilisations et communications, nous considérons inacceptable qu’ils ne soient pas en mesure de se positionner clairement sur ces deux dossiers.” A savoir le dispositif de “traitement des nitrates” (TDN/Thor), et l’atelier de production de dioxyde d’uranium (NVH). Profitant de la campagne en cours, TCNA avait donc sollicité les huit candidats déclarés par courrier recommandé. Ces derniers n’avaient qu’à cocher l’une des deux réponses proposées : “pour TDN et NVH”, ou “contre TDN et NVH, et je ne me retranche pas derrière un moratoire”. Ce 29 février à 11 heures, sur le parvis de la Médiathèque, Me Etienne Ambroselli, l’avocat de TCNA, a ainsi fait lecture des retours réceptionnés par l’association.

Seulement trois candidats apportent une réponse sans équivoque et se disent pleinement contre TDN et NVH : Nathalie Delvallez (Narbonne Impulsion Citoyenne), Viviane Thivent (Les Robines) et Jean-François Daraud (Rassemblement Narbonnais des droites et du centre). Les autres livrent un point de vue plus nuancé…

Si Didier Mouly (Nouveau Narbonne) “propose d’être contre TDN et NVH”, il barre ainsi la mention “je ne me retranche pas derrière un moratoire” et précise souhaiter que “l’Etat applique le principe de précaution et informe objectivement les habitants de la Narbonnaise sur les risques pour la santé, l’environnement et l’économie”.

Nicolas Sainte-Cluque (Narbonne en Commun) coche pour sa part les deux lignes, se disant “pour TDN car il est urgent de dépolluer le site de Malvési afin d’éviter ce qui s’est passé avec Micron Couleur”, et “contre NVH car il s’agit d’une nouvelle activité de production de Mox qui n’a pas fait l’objet d’une étude d’impact et d’une enquête publique”. Il adjoint au questionnaire un courrier détaillant davantage sa position, dans lequel il rappelle par ailleurs  qu’“il n’est pas de la compétence de la municipalité de fermer ou d’ouvrir un site industriel”.

Nicolas Sainte-Cluque n’est pas le seul à joindre une lettre à TCNA. Nathalie Granier-Calvet (Narbonne Génération Citoyenne) raye carrément les deux réponses proposées et renvoie à sa propre missive, laquelle est détaille son objectif sur ce dossier :“l’inscription du site d’Orano-Malvési dans la transition écologique”. Et d’attendre “de l’Etat, d’Orano et de toutes les instances scientifiques et de la santé publique, la garantie que l’activité de traitement des déchets n’aura aucune incidence sur la santé des habitants du territoire”.

David Granel (Narbonne XXI), pour sa part, n’a pas renvoyé le petit questionnaire de l’association : uniquement le courrier rédigé par ses soins.  “Je ne souhaite pas répondre directement à votre demande, en ce qu’elle représente une vision trop partielle sinon partiale de la réalité du problème, explique-t-il notamment. Si la santé de nos concitoyens est au cœur de notre projet municipal, elle représente un axe bien plus large et plus complexe et de ce fait, ne peut faire l’objet d’une vision aussi binaire”.

Enfin, Fabrice Hurtado a indiqué que “Jordan Perello (Narbonne Unis, NDLR) a bien retiré le courrier que nous lui avons transmis, mais n’a pas répondu”.

Pluie de parapluies

380 personnes ont répondu ce samedi matin à l’appel de TCNA. Des citoyens bien sûr, mais aussi des militants de plusieurs autres associations environnementales : Greenpeace Montpellier, Sortir du nucléaire, la Confédération paysanne, Alternatiba et le Covidem. A l’issue des prises de parole devant la Médiathèque, le cortège a remonté en musique la rue Jean Jaurès afin de mener à midi pétantes une action symbolique sur la place de l’Hôtel de Ville.

“A tous ceux qui pouvaient faire quelque chose mais n’ont rien fait, à tous ceux qui pourraient faire quelque chose mais ne font rien, ouvrons-leur à notre tour nos parapluies”, s’exclame Fabrice Hurtado sur le perron de la mairie. Des dizaines de parapluies et autres parasols se sont ainsi déployés durant plusieurs minutes, les participants souhaitant dénoncer de la sorte le comportement jugé passif d’un certain nombre de décideurs locaux sur le dossier Orano-Malvési.

Source Originale: Journal L’Indépendant

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