NARBONNE – CE QUE DISENT LES EXPERTISES À PROPOS DE L’USINE DE TRAITEMENT DES NITRATES D’AREVA-DOSSIER COMPLET AVEC RÉPONSE DES ASSOCIATIONS ANTI-TDN

Environnement. TDN-Areva : L’Indépendant a eu accès aux expertises et à leurs conclusions.

En mai dernier, faisant cas des craintes exprimées par les associations et des élus alors que le commissaire enquêteur avait émis un avis favorable, le préfet de l’Aude, Alain Thirion, demandait deux expertises complémentaires sur le projet d’usine de traitement des déchets nitratés de l’usine Areva. Deux études qui ont été dévoilées vendredi dernier au Coderst et qui valident le projet.

La première, sur l’impact sanitaire lié au projet TDN avec le procédé, a été réalisée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. Et la seconde, sur la pertinence technologique retenue par Areva, a été commandée à Jean-Claude Bernier, professeur émérite de l’université de Strasbourg. Dans le courrier adressé à celui-ci que nous avons pu nous procurer, ainsi que les deux analyses, le préfet rappelle que « ce projet soulève des interrogations auprès de la population qui me sont relayées par les élus du territoire. En particulier, le procédé Thor retenu par la société Areva est critiqué en raison de ses impacts environnementaux et d’une efficacité insuffisamment éprouvée ».

« Incertitudes sur la modélisation »

Au final, pour l’IRSN, il n’y a pas d’obstacle majeur à la mise en œuvre de ce projet. Il conclut ainsi : « Sur la base de l’analyse du dossier d’Areva NC et de ses propres calculs, l’IRSN conclut que l’impact radiologique des rejets de l’installation TDN devrait être extrêmement faible et n’appelle pas à mettre en œuvre de dispositions complémentaires à celles qu’Areva retient dans son dossier. L’impact des rejets de l’essentiel des substances chimiques présentées par Areva n’appelle pas non plus à mettre en œuvre des dispositions particulières à l’exception du nickel, de l’arsenic et du benzène pour lesquels l’IRSN préconise une réduction des limites de rejet demandées ». Car l’IRSN tempère son approbation : « Sans mettre en cause l’approche de modélisation retenue par Areva, il convient d’observer que toute modélisation comporte des approximations et des incertitudes. Les résultats obtenus doivent être donc considérés en ayant à l’esprit ces incertitudes. »

« Procédé robuste et fiable »

De son côté Jean-Claude Bernier valide le choix du procédé Thor (procédé de dénitratation thermique), après avoir examiné les propositions alternatives (extraction liquide-liquide, cimentation directe). « En tant que scientifique, spécialisé en chimie et génie chimique, il me semble que la solution proposée présente le meilleur bilan coût/avantage au regard des impacts environnementaux et des technologies existantes (…) Je pense que le procédé THOR est un procédé robuste et fiable. »

Pour le scientifique, « les solutions alternatives d’extraction par solvants et cimentation directe ne conviennent pas ». Et il met en avant les avantages du procédé retenu par Areva : « Le procédé THOR est déjà en fonctionnement sur plusieurs sites aux USA, il donne satisfaction et il est recommandé par le département de l’énergie des États-Unis, le procédé THOR ne produit pas d’effluents liquides à disperser dans l’environnement, le procédé THOR présente bien sûr des émissions de gaz qui peuvent entraîner une augmentation des émissions globales mais elles sont contenues au mieux ».

Il émet comme recommandation, entre autre, de « renforcer les mesures des émissions atmosphériques émises à la cheminée avec des capteurs analysant la présence ou non de dioxines et de radioactivité anormale ».

La réaction des associations

Pour Maryse Arditi, la présidente d’Eccla, qui en tant que membre du Coderst, a pu consulter les expertises, Jean-Claude Bernier fait tout pour « démontrer que les solutions alternatives sont compliquées mais TDN c’est compliqué aussi ». Pour André Bories de Rubresus, Jean-Claude Bernier n’a fait qu’un copier-coller des études d’Areva. « Il côtoie Areva depuis des années au sein de la Société française de la chimie. Pour l’indépendance, il y a mieux. Et en plus il est climatosceptique. »

Maryse Arditi confirme : « Il était convaincu par le projet d’Areva avant même de démarrer. » Et André Bories de sursauter quand il lit que « le procédé ressemble aux pots catalytiques et à l’AD Blue des véhicules qui ont donné les meilleurs résultats lors des contrôles du ministère de l’environnement dans le cadre du dieselgate ». Le président de Rubresus réplique : « Mais c’est TDN, avec ce procédé thermique, qui ressemble à un diesel truandé. Le risque existe. Il le minimise notamment au niveau des rejets.

Sources:

http://www.lindependant.fr/2017/10/18/narbonne-ce-que-disent-les-expertises-a-propos-de-l-usine-de-traitement-des-nitrates-d-areva,3061281.php

http://tcnarbonne.org/wp-content/uploads/2017/10/361912743-Rapport-Prof-BERNIER.pdf

http://tcnarbonne.org/wp-content/uploads/2017/10/361912440-Rapport-IRSN-2-Oct-2017.pdf

 

361912743-Rapport-Prof-BERNIER
361912440-Rapport-IRSN-2-Oct-2017